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25/03/2011

Marché de la pièce détachée : Les tenants et aboutissants de l'affaire

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UFC-Que Choisir vient de réaliser une enquête démontrant les abus des constructeurs automobile , en situation de quasi monopole sur certaines pièces de carrosserie. D'après l'Argus qui cite l'étude, entre 2005 et 2010, le prix des pièces détachées, aurait augmenté de 26%  (contre 7,63% pour l'indice des prix à la consommation). L'association en profite pour appeler à une "libéralisation du marché des pièces détachées automobiles" rejoignant en ceci l'antienne familier des autorités européennes.. Tentons de comprendre les dessous de cette histoire :

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Le  marché de la pièce de rechange


D'après la FEDA (Fédération des syndicats de la distribution automobile) dans un rapport d'avril 2010, nous lisons qu'en 2008, le marché de la rechange s'établissait à 30 milliards d’Euros HT, avec - détail important - une part de main d’œuvre qui s'élevait aux environs de 50 %,  et qui tendait à s'accroître en 2009.

(Les assureurss'intéressent aussi bien sûr à la question des pièces détachées puisqu'elle pèse de tout son poids sur leurs coûts  : sur cette question de la main d'oeuvre, il faut savoir que la Macif testerait actuellement une nouvelle  relation qualifiée de "gagnant/gagnant" avec son réseau de réparateurs. Concrètement il s'agit de favoriser la réparabilité des pièces par transfert de charges et cela se traduit par une majoration du taux horaire du réparateur couplé à une réduction de la marge du réparateur sur les pièces de remplacement)


En déduisant les opérations sous garantie, le marché total ( pièces, pneumatiques et lubrifiants) était de 14,40 milliards d’Euros H.T. Qu'on doit décomposer comme suit :

- 11,67 milliards d’Euros HT pour le marché concurrence 
- 2,77 milliards d'euros HT pour les pièces captives et semi-captives

Par pièces semi captives , on entend les pièces construites sous licence constructeur (l'équipementier achète le droit de fabriquer et de commercialiser au constructeur).
(source : http://www.feda.fr/article.php?id=360)

Plus de 75% du prix de revient d'une voiture proviendrait des achats aux équipementier

Pour comprendre la nuance entre pièces de rechange et pièces de première monte, je vous invite à lire cette page qui fait vraiment le tour du problème et qui permet de mieux comprendre les enjeux à l'oeuvre dans les pièces détachées : On y apprend notamment que d'après la FIEV (Fédération des Industries des Équipements pour Véhicules), 75 % du prix de revient de fabrication d’une automobile concernerait les fournisseurs de l’automobile.

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L'énorme majorité des des « pièces d'importance vitale » ne sont donc plus fabriquées par les constructeurs mais sont fournies par les équipementiers. D'après la FEDA, cette partie des « consommations intermédiaires » ne cesserait en fait de progresser, reflétant au final le désengagement des constructeurs de fonctions perçues comme non-stratégiques. Le phénomène se traduirait d'autre part par un « enrichissement des fonctions » d'où le qualificatif de « systémier » appliqués désormais aux grands équipementiers internationaux qui développent donc des « fonctions complètes » qui sont commercialisés auprès des constructeurs du monde entier. Les constructeurs sont gagnants puisqu'en externalisant ainsi la production, ils réduisent leurs coûts (main d'oeuvres, charges salariales, etc), mais le revers de la médaille c'est que cela les conduit de manière croissante à utiliser les ensembles et les systèmes complets réalisés par les équipementiers et donc à être dépendants de ces derniers...

 

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