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30/03/2012

La FEDA continue sa lutte d'influence pour obtenir la libéralisation du marché de la pièce détachée

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Alors que L'Association Sécurité et Réparation Automobiles (SRA - Statistiques pour le compte des sociétés d'assurance) vient de rendre public les derniers chiffres sur l'augmentation des pièces détachées, la  Fédération des syndicats de la distribution automobile (Feda) continue de mettre la pression sur les pouvoirs publics dans le but de  mettre fin au monopole de fait des constructeurs auto sur les pièces de carrosserie. Parmi les membres les plus actifs au sein de la FEDA on retrouve bien sûr les grosses enseignes du type Speedy pour qui des pièces auto à bas prix permettraient de contrôler et surtout d'améliorer leurs marges, tout en étant encore plus concurrentiels vis à vis de la concurrence des garages indépendants du fait de l'effet d'échelle.

Une foule d'amendements rejetés à l'assemblée

En janvier dernier la FEDA avait obtenu que soit déposé un amendement allant dans ce sens lors du passage en deuxième lecture à l'Assemblée nationale du projet de loi relatif à la protection et l'information des consommateurs. Parmi les principaux arguments que n'avaient pas manqué d'opposer le lobby des constructeurs automobiles, celui que 71% des pièces bénéficiant d'une protection font en fait l'objet d'une production en France. Le risque du passage d'une telle législation étant celui d'un recours massif, comme en bien d'autres domaine de la production de biens, à des produits en provenance des pays à bas coûts de main d'oeuvre...

Peut-être quelque peu fallacieusement, le président de la FEDA Michel Vilatte proposait dans une interview au Figaro en janvier dernier de limiter la mise en concurrence aux équipementiers et sous-traitants fabriquant les les pièces d'origine des véhicules, afin de limiter l'impact sur l'emploi.


Forte hausse du prix de l'entretien automobile

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Mais à l'argument des 71% avancé par les constructeurs le président de la FEDA opposait au final que le taux en question ne concernait que les véhicules fabriqués en France, qui ne comptent donc que pour une partie dans le parc automobile Français...

Enfin, à l'issue de ces passes d'armes, le Sénat avait mis en place une commission ad hoc avec mission d'estimer «les conséquences en termes d'emplois, les effets sur les prix et l'impact sur l'ensemble de la filière automobile en France de l'ouverture totale à la concurrence du marché des pièces de rechange». Le dernier rempart à la mauvaise volonté des constructeurs étant  l'Autorité de la concurrence, qui en Juillet 2011 décidait de s'auto-saisir et de lancer une enquête sectorielle afin de mettre en évidence les déterminants et éventuelles solutions pour remédier à l'importante hausse des prix constatée dans le secteur de la réparation et de l'entretien des véhicules, la remise du rapport était prévue en Mars de cette année, je n'ai encore rien vu en me rendant sur le site de l'autorité de la concurrence...

 

Risque de désindustrialisation

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Alors qu'à l'Assemblée nationale, on justifiait le rejet des amendements au motif qu'une libéralisation accélèrerait  de facto le processus de désindustrialisation du secteur. Frédéric Lefebvre déclarait quant à lui que s'il ne faisait guère de doute qu'une ouverture à la concurrence aurait une incidence à la baisse sur les prix, l'exemple de la France et de l'Allemagne, seuls pays à avoir « conservé une industrie automobile puissante » suffisait à démontrer l'intérêt de continuer à s'opposer à la mesure.
Bien sûr  le parallèle entre les industries auto allemande et Française est probablement à nuancer, notamment en ce qui concerne les stratégies pièces détachées (comparer par exemple celle du groupe Volkswagen, qui vise à l'autonomie en ré-internalisant une partie de la production des pièces avec celles des constructeurs français, qui font plutôt le contraire...

La FEDA rappelait par ailleurs que

  • Les prix induits par le monopole détruisent un nombre d’emplois important en réparation-collision et donc dans la fabrication des pièces ;
  • Le monopole inciterait en fait les constructeurs à recourir à une fabrication dans les pays low costs pour les revendre ensuite avec de fortes marges (mais n'est-ce pas ce qui se passera de toute façon si l'on obtient la libéralisation?) ;
  • D'après le SRA, l'augmentation du prix du panier de pièces de collision aurait été de 4,7% au cours des 12 derniers mois soit le double de l’inflation ;
  • Seulement 10% des pièces protégées seraient fabriquées en France, contrairement aux affirmations de Renault et PSA. 

Source :


Proposition d’ouverture partielle mais immédiate du marché des pièces de carrosserie

Monopole des constructeurs automobiles sur les pièces détachées visibles : Le Sénat demande un rapport

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