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12/04/2011

Assurances et TICs

 

 

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Si les compagnies d'assurances utilisent l'informatique depuis plusieurs dizaines d'années, cette utilisation est restée strictement interne durant de longues années. Durant de longues années des employés de bureau ont donc alimenté les systèmes informatiques manuellement, à partir de sources variées : l'informatique permettait tout simplement d'accélérer des process antérieurement manuels, et forcément gourmand en temps. Ce n'est que vers les années 80 que les courtiers, ont commencé à développer leurs propres systèmes, qui dans une certaine mesure, faisaient doublons avec les systèmes des assureurs, et sans donc que les deux soient connectés... .

Single-entry, multiple-company interface (SEMCI)

C'est à partir de ce moment là aussi que l'on a commencé à réfléchir en termes d'efficacité « globale » et à envisager de rentrer les données dans des systèmes différents, mais compatibles.. Ainsi est né le concept de « single-entry, multiple-company interface (SEMCI) » qui après des années de silencieuse progression est réellement en train d'apporter aujourd'hui de la valeur ajoutée.. C'est ce genre de système qui permet l'interfaçage entre les données de l'assureur et le système du courtier par exemple.

 

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Il est vraisemblable que cette intégration entre les systèmes des assureurs, ceux des courtiers, et surtout ceux des comparateurs, n'en est encore qu'à ses débuts : il y a encore du chemin à faire – surtout en France semble-t-il - pour attendre ce moment où il sera possible pour un consommateur d'obtenir auprès d'un comparateur, la meilleure offre en temps réelle... directement obtenue à partir du système de l'assureur interfacé avec celui du comparateur d'assurances... Comme c'est par exemple déjà le cas au Royaume Unis avec Aviva et le courtier Swinton... On comprend bien que dans un climat ultra concurrentiel, ce genre de possibilité, qui permet une réactivité accrue des assureurs aux fluctuations du marchés, est amené à se développer, et à créer encore plus de concurrence...

L'interaction avec le consommateur final

Malgré ces avancées, il n'était cependant toujours pas possible au consommateur final d'interagir directement avec les systèmes des courtiers ou des assureurs... C'est précisément ce qui a changé depuis quelques années chez certains assureurs, et qui est vraisemblablement amené à se généraliser. Cette interaction on la trouve désormais sur les espaces des assureurs et des mutuelles où il est à présent possible de gérer en ligne son contrat, souscrire des options supplémentaires...

 

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Mais c'est aussi notamment par la téléphonie mobile que cette petite révolution est en train de s'accomplir, elle a largement commencé aux Etats-Unis et est en train de se répandre en Europe. Ainsi on trouve désormais des applications qui permettent de déclarer directement un sinistre, et d'envoyer les données à son assureur, en utilisant les différentes fonctionnalités des smartphones (photos, videos, geolocalisation). En ce domaine aussi on doit de toute évidence s'attendre à pas mal de bouleversements dans les années à venir. Le futur semble bien être une plus grande interaction de l'assuré avec son assureur ou son courtier, via des applications dédiées qui permettront notamment de souscrire des options supplémentaires. Il y a aussi probablement beaucoup à attendre de l'interfaçage futur entre les données personnelles du Dossier médical personnel et les assureurs et mutuelles, bien que de nombreuses questions liées à l'utilisation de ces données restent en suspens...

http://www.canadianunderwriter.ca/issues/story.aspx?aid=1...

 

Pourtant d'après un rapport de Celent dont on a déjà beaucoup parlé en particulier sur le web anglo-saxon, les assureurs seraient encore très à la traîne par rapport aux possibilités réelles offertes par les smartphones, et surtout par l'enorme nombre d'appareils en utilisation dans le monde désormais, qui fait bien sûr envisager les choses tout à fait différemment..

lisez cet article pour vous en convaincre : http://www.mobilecommercedaily.com/2011/03/08/life-insura...

18/03/2011

Royaume uni : Une culture de l'indemnisation qui déplait aux assurances...

 

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Des news des assurances auto anglaises :

L'ABI (Associations of british insurers – l'équivalent de la FFSA française) a réagit vigoureusement à la publication du rapport de la Commission transport de la chambre des communes ( House of Commons Transport Committee ). D'après Nick Starling (Director of General Insurance and Health à l'ABI) , le rapport est une occasion manquée surtout au vu des éléments d'information dont disposait la commission.

Pour l'ABI, la commission serait au final coupable d'aveuglement sur les raisons expliquant les récentes - et fort importantes augmentations  -  des primes d'assurance auto.  Celles-ci pour l'ABI étant liées d'une part à la forte augmentation des sinistres,  et d'autre part à l'explosion des frais juridiques liés aux litiges.

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Le rôle des Claims management companies

Ces frais seraient liés en grande partie aux « Claims management companies » ; une spécificité britannique induite par L'abolition du régime d'aide légale pour les plaintes portant sur les dommages corporels (personal injury claims). La montée en puissance des CMC, couplée à l'introduction  des « conditional fee agreements » (no win – no fee : les avocats sont payés sur les indemnités obtenues) a mené à une explosion du business des  « claims management companies » (sortes de cabinets d'avocats privés pour résumer) ; l'ensemble aboutissant presque logiquement à une explosion du nombre de litiges à partir de la moitié des années 90. C'est ce que l'on a appelé, et qu'on appelle toujours outre-manche, la « compensation culture », qu'on pourrait traduire par « culture de l'indemnisation ». Une culture que que dénonce fortement les assureurs.

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(visuel : http://www.medicalclaimsexperts.co.uk/)

L'effondrement du célèbre « Accident Group » en 2003, marquerait en quelque sorte un jalon dans la prise de conscience de l'opinion et des pouvoirs publics de la nécessité de mettre un peu d'ordre dans le système (sur la rocambolesque affaire de l'Accident group lire ceci > http://en.wikipedia.org/wiki/Accident_Group ).
D'autant que ces Claims management companies (dont « Accident Group » représentait pour ainsi dire le modèle emblématique) utilisaient des techniques de ventes particulièrement agressives, profitant de commissions exorbitantes sur de non moins exorbitantes indemnités de la part des assureurs. D'après les estimations il y avait 1000 entreprises de ce type en 2003. Malgré tout il devenait évident qu'un nombre importante d'affaires a priori légitimes n'aboutissaient pas à cause des difficultés et coûts induits par les litiges : le risque de non rentabilité induit par le système des « conditional fee agreements » induisaient les CMC à ne pas prendre certaines affaires... C'est pour cette raison qu'a été votée la Partie 2 du Compensation Act en 2006. (pour aller plus loin sur la question, si le sujet vous intéresse lire ceci > http://en.wikipedia.org/wiki/Claims_management_company)

Suite

 

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Angleterre : Des frais de justices qui font exploser les primes d'assurances auto

Les propositions du Lord Justice Jackson

Bref pour revenir à notre rapport, l'ABI contesterait encore cette prégnante « compensation culture » , d'après elle, les coûts juridiques représenteraient à eux seuls 40 livres en moyenne sur le montant annuel de la prime. L'ABI  aurait donc fortement apprécié que la commission prenne acte des propositions contenues dans un autre rapport du Lord Justice Jackson (le Président de la Cour d'appel, Rupert Jackson) datant de fin 2009 mais qui continue de faire grand bruit et dont le but est précisément de lutter contre cette culture de l'indemnisation... (into tackling compensation culture).

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Pour saisir le fond des propositions lire ceci : http://www.guardian.co.uk/law/2011/feb/16/jackson-litigat...
Ou bien le rapport complet : http://www.judiciary.gov.uk/NR/rdonlyres/8EB9F3F3-9C4A-41...).

Malheureuseument, le moins qu'on puisse dire c'est que les propositions de LJJ ne font pas franchement consensus, et qu'elles ont même soulevé un débat assez virulent au Royaume-uni : Les résultats du rapport contesté par l'ABI en sont bien évidemment le reflet.

Pour l'ABI, en intégrant les conclusions du rapport Jackson à ses recommandations. Non seulement la commission assurerait les conditions d'un contrôle effectif des frais de justice, mais cela aurait eu aussi pour résultat d'accélérer le paiement des indemnités dues aux affaires "légitimes"... Toujours selon elle, tant que les mesures préconisées n'auront pas été implémentées, les montants des primes continueront d'augmenter. La commission s'est bien  prononcée en faveur de plus de transparence pour les claims referral fees (les commissions des lawyers)  ; mais l'ABI, demande elle carrément leur abolition...

L'abolition des commissions...

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Pour la petite histoire Groupama (qui vend aussi des assurances auto au Royaume-uni)vient d'ailleurs aussi d'officialiser son soutien à l'ABI,  pour une abolition des Referral fees > http://www.insuranceage.co.uk/insurance-age/news/2033819/... et plus généralement à la mise en acte des propositions du rapport Jackson...

L'ABI a d'autre part déclaré continuer maintenir son effort pour combattre la fraude à l'assurance (un vrai fléau en Albion – sans doute la conséquence logique des primes trop élevées. Cet engagement se traduit notamment par le financement de l'Insurance fraud bureau et par le fait que la police globalement  travaille de plus en plus étroitement avec la police.  Elle approuve les conclusions de la commission à propos du nombre énorme de sinistres causés par les jeunes conducteurs, Le gouvernement britannique selon elle devrait améliorer (fix out !) le dispositif jugé défaillant de formation à la conduite automobile (peut-être devraient-ils aller faire un tour du côté de la France pour étudier notre fameux dispositif de conduite accompagnée qui séduit tant les assureurs Français…
l'Abi recommande précisément au gouvernement d'augmenter la durée d'apprentissage.

Source :

http://www.abi.org.uk/Media/Releases/2011/03/Transport_Se...

15/02/2011

L'automobile en Angleterre : Un luxe désormais...

Toujours intéressant d'aller voir ce qui se passe ailleurs pour comprendre ce qui se passe près de chez vous...  D'après un article du Gardian, conduire une voiture n'aurait jamais coûté aussi cher. Les 34 millions de conducteurs britanniques auraient en effet fortement souffert ces dernier temps, à l'imitation de leurs collègues européens certes, mais avec un petit malus supplémentaire dirons-nous : Augmentations du prix de l'essence, "spirale de inflation", Hausse des taxes (notamment sur le CO2), avec cerise sur le gâteau, un entretien du réseau routier qui laissait à désirer... Inutile de revenir sur la politique anti-auto du maire de Londres..

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[ Visuel : l'assurance  à l'anglaise http://www.rac.co.uk/]



L'essence

Le prix de l'essence est passé de 1,32 à 1,55 en moyenne depuis un an, soit peu ou prou ce qui s'est passé en France, mais ici, c'est surtout le résultat d'une TVA supplémentaire sur l'essence... De 20%. D'après le RAC (un assureur anglais) ,  les dépenses moyenne pour un véhicule neuf se sont élevées à £5,869 (7000 euros) réparties entre le carburant (£1,300) et la dépréciation (£3,072), ces deux postes constituant les coûts principaux  (avec les assurances ! un poste fort douloureux outre-manche - abordées plus bas dans l'article).  Ces montants sont bien sûr à rapporter aux coûts des véhicules d'occasion (respectivement £4,441 ,  se répartissant en £1,396  pour le carburant et £1,040 (logique) pour la dépréciation. Cependant, (contre toute attente?) ; si les coûts d'entretien d'un véhicule neuf (hors dépréciation et "finance" (With depreciation and finance stripped out, ) ont progressé de £197 (8.9%) en 2010 ;  les coûts d'entretien des véhicules d'occasion seraient au final £553 plus élevés en 2010 par rapport aux véhicules neufs.
D'après une étude de Moneysupermarket.com (un autre assureur, mais qui pour résumer fait un peu de tout), les prix de l'essence induiraient une modification des habitudes de conduite des automobilistes, : Ainsi 62% des sondés déclareraient avoir réduit leur utilisation du véhicule quand  5% auraient purement et simplement arrêté de conduire... L'application récente de la nouvelle "VAT" de 20% serait encore pointée du doigt...

Suite de l'article

 

Les assurances auto hors de prix au royaume-uni, induiraient une augmentation de la fraude...

assurances-auto-en-angleterre.jpg

(lire le début de l'article)

Au final, près de  3 conducteurs sur 5 déclareraient "rassembler leurs trajets" (taking one trip where they might previously have taken several) quand  40% d'entre eux déclarent avoir mis la pédale douce sur les longs trajets.  Sans surprise le co-voiturage de même qu'en France aurait les faveurs du public, de même que les transports publics...

Un coût moyen de la prime, pas vraiment moyen...

Enfin en passant au chapître des assurances automobiles, c'est sans surprise là encore qu'on apprend que leurs tarifs ont explosé, (une habitude au royaume-uni)  : Ainsi d'après le comparateur d'assurances Confused.com qui en France possède l'enseigne "Le Lynx") le montant moyen des primes aurait crû de 38.2%  en  2010, amenant le montant moyen de la prime à  £695 (830 euros !!) , ainsi les conducteurs paieraient £200 de plus que ce qu'ils payaient en 2010 : Chocking isn't it? (et à faire palir d'envie nos assureurs bien de chez nous – il va falloir être vigilant, amis automobilistes :-)).
La tranche la plus touchée serait celle des 51-55, qui ajoutent leurs enfants comme conducteurs sur leur police d'assurance. En toute logique, c'est là encore sans surprise qu'on apprendra que le nombre de fraude sur cette question a littéralement explosé au point de devenir un sujet de préoccupation pour les assureurs, et les pouvoirs publics...
Ainsi d'après Association of British Insurers, le "Fronting" serait devenu la cause majeure de fraude pour les assurés : Les parents souscrivent un contrat à leur nom en déclarant leurs enfants comme conducteurs occasionnel, alors qu'en fait ceux-ci sont les principaux utilisateurs du véhicules... Intérrogés par l'ABI dans le cadre d'une enquête en 2010 , plus d'un automobiliste sur deux aurait déclaré être tenté par ce type de fraude malgré le risque (fort important) encouru... (risque d'invalidation de l'assurance et de poursuites judiciaires "entre autres")

Source :

http://www.guardian.co.uk/money/2011/feb/06/motoring-driv...

 
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