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23/08/2012

Le Data mining pour lutter contre la fraude à l'assurance

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J'ai déjà consacré plusieurs billets sur ce blog à la question des fraudes à l'assurance. Il s'agit d'un sujet extrêmement récurrent dès lors qu'on fait du content curating sur l'actualité de l'assurance dans les trois grands pays anglo-saxons : le Royaume-Uni, les États-Unis, et le Canada. Pour nos voisins anglais, chez qui les coûts liés à la fraude sont estimés à rien moins que 3 milliards de livres chaque année (d'après les estimations, la fraude génère un surcout de 50 livres par contrat en moyenne toujours par an), les assureurs ont commencé à s'organiser avec la création en janvier de cette année du UK’s Insurance Fraud Enforcement Department (IFED) une unité opérationnelle indépendante mise en place par la Police londonienne avec l'appui de l'Association of British Insurers (ABI).

 

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Un sujet récurrent dans le monde anglo-saxon

Ce n'est bien sûr pas un hasard si ce sujet revient souvent sur la sellette : Les assureurs de ces trois États sont en effet confrontés à des fraudes qu'on peut qualifier d'endémiques en matière d'assurance automobile. Sachant qu'on distinguera deux grands types de fraudes qui n'ont pas du tout les mêmes implications :

 

La fraude individuelle

Elle a pour visée la baisse du coût de l'assurance : (non déclaration d'un deuxième conducteur, le conducteur déclaré n'est pas le bon, toutes les informations concernant l'assuré ne sont pas fournies à l'assureur, etc). Ces fraudes s'expliquent majoritairement par le fait que les contrats d'assurance auto sont extrêmement coûteux dans les trois pays mentionnés. En particulier pour les jeunes conducteurs, à tel point que les assureurs, en synergie avec les pouvoirs publics cherchent (et parfois mettent en œuvre comme au Québec) des solutions favorisant des pré-apprentissages (l'équivalent de notre conduite accompagnée) permettant de garantir des primes moins coûteuses pour les jeunes primo-conducteurs ; tout en réduisant bien sûr le nombre d'accidents, toujours traditionnellement plus élevé chez les jeunes et qui pèse aussi de tout son poids dès lors qu'il s'agit de déterminer les montants des primes.

 

La fraude organisée de type mafieux

Dans ce cas là, il s'agit généralement de bandes pouvant être très organisées et qui simulent de faux accidents pour ensuite récupérer les différentes indemnités en provenance des assureurs, ces indemnités peuvent porter sur les montants de remplacement des véhicules accidentés, voire même dans certains cas sur les indemnisations au titre du préjudice corporel ou les soins de santé, il y a ainsi eu une affaire assez récente aux États-Unis dans laquelle deux cliniques étaient impliquées dans des soins imaginaires, prodigués à des pseudo victimes d'accidents organisés. Ce type de fraudes peut être aussi pratiqué, bien que plus rarement à un niveau individuel, par des assurés se retrouvant dans des situations de précarité financière.

Un rapport d'un fournisseur de solutions

De la même manière que la fraude est un problème endémique, on peut être assuré que se trouveront des prestataires ou des sociétés de conseil et de services qui se chargeront de conseiller les assureurs pour limiter un tant soi peu l'hémorragie. Cette fois-ci c'est la société IBM qui s'est fendue voici une semaine d'un rapport sur la question, co-écrit par deux spécialistes : Adam Bellchambers (Business Development Executive, de la division assurance du groupe) et Rick Hoehne (Global Insurance Industry leader for Business Analytics and Optimisation).

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D'après les discussions entre les analystes d'IBM et les assureurs interrogés, la majeure partie des compagnies opérant dans la non-vie - en particulier l'assurance automobile - déclare la détection de la fraude comme une de leurs priorités d'investissement pour 2012. La déclaration est-elle incantatoire (dixit donc ne l'oublions pas, un fournisseur de solutions...), ou correspond-elle à une réalité chez les assureurs je vous laisse en juger.

Big data

Qu'un prestataire du big data se positionne sur ce genre de créneau n'a rien d'étonnant, puisque c'est précisément l'utilisation massives des données qui va servir pour lutter de front contre les fraudeurs : les solutions préconisées par les ingénieurs IBM sollicitent d'une part le développement informatique, et d'autre part un recours massif à des modèles basés sur le data mining.

Repérer, mais aussi prévenir

La phase de détection - post fraude donc - est certes un élément indispensable du mix de la lutte anti-fraude. Mais, pour être efficace, les assureurs ont besoin d'opérer aussi en amont, ce qui correspond tout simplement à une phase de prévention.

 

Agir tout au long du cycle de vie du contrat d'assurance

La prévention s'avère particulièrement effective à deux moments clés du contrat :

  • La souscription du contrat
  • La déclaration du sinistre

La fraude peut être prévenue si les identités, et les comportements des souscripteurs de polices peuvent être identifiés correctement : C'est précisément ce que vont permettre les analyses prédictives basées sur le data mining. IBM propose aux assureurs, d'adapter en temps réel les contenus des contrats dans le cas où un risque de fraude est établi grâce à leurs outils d'analyse ; de manière à sensibiliser les fraudeurs potentiels au risque d'être identifiés. Bien sûr, comme le note un peu cyniquement le rapport, l'opération peut au bout du compte ne faire que déplacer le problème, vers un autre assureur ne disposant pas des mêmes outils d'analyse. Les ingénieurs d'IBM préconisent donc d'interfacer directement ces outils au niveau des comparateurs d'assurance, de manière à pouvoir identifier encore en amont le risque.  La même opération peut être répétée au moment de la déclaration du sinistre : Pour résumer, la puissance du data mining, qui permet de corréler des millions d'informations quasiment en temps réel, autorise des recoupements qui pourraient singulièrement compliquer la tâche des fraudeurs...

Source : Lire le dossier 

Cet article a été rédigé en partenariat avec le comparateur d'assurance http://www.lesfurets.com/

| Commentaires (0) | 16:27 | Etudes et statistiques | Lien permanent | | | |  Imprimer

05/12/2011

Key facts 2011 : Les chiffres des assureurs européens


Les Keyfacts de l’assurances ont été publié le 21 septembre derniers, par le CEA (l’instance représentative des sociétés d’assurance au niveau européen).  Une publication qui mérite un article et un coup d’œil dans la mesure où elle fait notamment prendre conscience des enjeux gigantesques à l’œuvre dans l’industrie de l’assurance, et permet d’élargir un éclairage habituellement davantage « Franco-centré ».

répartition des primes d'assurance

Le poids de l'Europe

Comme on le voit sur le document présenté ci-dessus, la répartition mondiale des primes
D’assurance s’organise principalement autour de trois grands groupes d’acteurs :

- L’Europe avec 37% du total, sachant que sous cet ensemble sont regroupées Europe occidentale, Europe centrale et Europe de l’est). L’Ukraine et la Russie représentant à elles seules 1% du montant total des primes. L’Amérique du nord représente quant à elle 30%, et l’Asie qui dispose pourtant encore d'un gros potentiel 27%.  Les continents Africains et Océaniens ne représentant à eux deux que  3% du total.  Là encore avec beaucoup de potentiel, à plus ou moins long termes selon les regions...

Les chiffres des différentes branches d'assurance :

- La branche assurance vie, a distribué 560 milliards d'euros aux assurés (capital, annuité, pensions,  décès)

- Les branches non vie (assurances santé, assurances voiture, etc) ont versé 290 milliards d'euros en indemnisation se répartissant comme suit :
> 100 milliards pour l'assurance auto
> 80 milliards pour l'assurance santé
> 55 milliards pour l'assurance habitation

- 25% seulement des citoyens européens seraient couverts par des assurances complémentaires santé privées.

- Les assureurs privés (en comptabilisant aussi les mutuelles ont compté pour 11% du montant total des dépenses de santé en 2008.

ventilation des investissements des assureurs

 

La moitié du PIB Européen...

Enfin les assureurs européens  ont investis €7 300 milliards d'euros, (dont la ventilation est représentée dans le documents ci-dessus) dans l'économie globale, ce qui représente 54% du PIB total de l'Europe, sachant pour fixer les idées que le PIB mondial lui était 57 937 milliards de dollars en 2009... Comme on le voit, le poste obligations dettes souveraines / autres obligations à taux fixe représentait 41% des encourts en 2009...


Les assureurs européens emploieraient en emplois directs 950 000 personnes, ainsi qu'un million de personnes en emplois indirect (outsourcing, courtiers, agents, etc).

 Source : http://www.cea.eu/uploads/Modules/Publications%5Ckey-fact...

12/11/2010

Une étude de l'observatoire Cetelem de l'automobile

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[Répartition des immatriculations de véhicules neufs en 2009]

L'observatoire Cetelem de l'automobile publie sur son site une étude sur la place des jeunes dans le marché automobile aujourd'hui. Prudents les auteurs précisent «qu'ils n'y a pas d'âge pour être jeune » avant d'ajouter que l'étude en question concerne au final les moins de 30 ans. Celle-ci a été réalisé avec l'appui de la société d’études et de conseil BIPE ainsi que de la TNS SOFRES.

Seulement 11% de jeunes parmi les acheteurs de véhicules neufs

On comprend rapidement à la lecture du préambule « Aujourd’hui, seuls 11 % des jeunes conducteurs ont pu goûter aux joies d’un véhicule neuf » qu'il s'agit bien pour le célèbre organisme de crédit de suggérer aimablement à qui de droit, qu'un peu de modération dans les tarifs ne nuirait pas forcément à l'industrie automobile, et surtout bien évidemment au secteur de l'emploi directement et indirectement en relation avec celle-ci (plus de 10% de la population active quand même...). Pour Cetelem, passées ces considérations pour ainsi dire « citoyennes », il y a bien sûr un marché du crédit non négligeable à récupérer au passage.

Il est vrai qu'avec des prix de véhicules qui dépassent allègrement les 15/20000 euros, pour atteindre même souvent facilement les 30 000 euros, les jeunes sont pour le coup automatiquement sortis du marché. Ajoutons à cela des primes d'assurance plus chères (multirisques pour le neuf avec de surcroit la tarification plus élevée pour les jeunes conducteurs).

« Pour éviter le divorce entre les jeunes et la voiture, il faut concilier le prix, l’esthétique et l’écologique. »

Il est vrai que le marché des véhicules neufs désormais privé des béquilles que constituaient les primes publiques au renouvellement des véhicules anciens, vont subir le contrecoup de « presque deux années de résistance artificielle ». D'après l’Observatoire Cetelem de l’Automobile 29 % des européens seraient disposés à acheter un véhicule low-cost, ce qui montre bien le divorce entre la politique de prix des constructeurs et les réalités économiques du marché, il aurait été intéressant de connaître la répartition en fonction des différents pays.

Pour illustrer la désaffection des jeunes pour l'achat de véhicule neuf, l'étude cité expose le graphique suivant :

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qui illustre l'âge moyen de l'acheteur de véhicules neufs dans différents pays européens. Il faut savoir qu'en 2009, sur l'ensemble du territoire UE l'âge moyen de l’acheteur d’une voiture neuve était 49,5 ans. Toujours en 2009 enfin, 29 % des acquéreurs de véhicules neufs dépassaient les 60 ans, contre 11 %  pour les moins de 30 ans.  Moralité, c’est principalement par le biais du marché de l’occasion que les jeunes font donc leur entrée sur le marché de l'automobile.

http://observatoirecetelem.com/medias/pdf/france/2011/obs...

 
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