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18/11/2011

Les mutuelles et sociétés d'assurances vont pouvoir acheter et commercialiser de la dette souveraine titrisée

Convertir en actions des créances douteuses, une grande idée ?

On le garde généralement peu présent à l’esprit, mais la grande crise des subprimes, était liées à la titrisation d’actifs douteux : les fameux crédits hypothécaires qui représentaient l’endettement inconsidéré de millions d’américains dans des projets immobilier, crédits obtenus avec la bénédiction des pouvoirs publics et la complaisance facheuse de certains courtiers (brokers).
Ces créances douteuses, on les a convertis en actions grâce à un mécanisme encore récent à l’époque et qui depuis à connu un vif succès. A force de repasser de mains en mains et d’entrer dans la composition des portefeuilles les plus divers, on a fini par plus ou moins perdre la trace de ces actifs toxique, jusqu’au moment ou il a fallu assainir la situation… La suite vous la connaissez.

Pourquoi ne pas faire pareil avec la dette des Etats?


Et bien on va faire pareil avec la dette souveraine des Etats : 

 

" le présent décret modifie la liste des actifs que les organismes d’assurance peuvent détenir pour représenter leurs engagements vis-à-vis des assurés, en y ajoutant une nouvelle catégorie de placements. Cette dernière est constituée de titres issus de la titrisation de créances, répondant à des critères stricts : outre la grande qualité de leurs sous-jacents (créances sur l’Etat ou des établissements publics), ces titres sont notamment soumis à une obligation de valorisation publique régulière, effectuée par un tiers indépendant. L’ajout de cette nouvelle catégorie de placements permettra notamment aux organismes d’assurance de refinancer des partenariats public-privé, qui constituent des investissements naturels pour ces investisseurs de long terme. Afin de respecter une diversification minimale des actifs, ces titres pourront représenter jusqu’à 5 % des engagements des assureurs."

Grande qualité des sous-jacents

Mais miraculeusement ces créances de l’Etat dont on a vu ce qu’elle pouvaient valoir dans certains cas, et bien les assureurs vont pouvoir en assortir leur portefeuilles… Et commercialiser ensuite ces produits aux consommateurs… Heureusement que l'ensemble est assorti d'une limite de 5% en termes d'engagements. On se souviendra d'autre part que les compagnies d'assurance et les mutuelles, si elles ont dans l'ensemble bien résisté à la crise grecque avaient quand même accusé le coup (notamment Groupama qui était quand même exposé à hauteur de 3 milliards).

Via  http://calamiite.wordpress.com/2011/11/10/876/

Le décret : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JOR...

03/07/2011

Dette Grecque et assurance vie : Quand les assurés servent d'air-bags aux assureurs

dette grecque.jpg

Des assureurs dans la tourmente ?


Les Français n’en sont pas toujours conscients, mais les assureurs sont aussi des investisseurs, ce n’est pas pour rien qu’on utilise le terme de « Bancassurance », ni même que l’ancienne autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (ACAM) a été remplacée par l’Autorité de contrôle prudentiel qui comme son nom ne l’indique pas forcément, a désormais en charge le contrôle des assurances mais aussi des banques.
Or un nombre non négligeable de ces assureurs se trouvent - au même titre que les banques - exposés à la dette souveraine Grecque, pour des montants qui n’ont rien de négligeable. Genérali pour 3 milliards, Groupama pour 2milliards, CNP et AXA pour respectivement 2 et 1,9 milliards d’euros (mais il y a aussi ING, Allianz, Ageas, etc). La grande différence avec l’exposition des banques c’est que ce sont les assurés qui vont régler le plus gros de la facture…


Un double air-bag plutôt sympathique


Comme l’explique très bien un analyste sénior de l’agence Fitch dans les Echos : Si la dette grecque est dévaluée, la banque devra diminuer d’autant son exposition dans le passif de son bilan, sans que puissent être pris en compte les « engagements qu’elle a en face » à savoir les dépôts. Les assureurs eux pouvant le faire.  Il s’agit de bien plus que d’une subtilité comptable, puisque concrètement cela implique que l’assureur peut partager la perte avec ses assurés. Un partage qui plus guère équitable pour l’assuré :
Ainsi pour un contrat d’assurance vie comprenant des obligations dévaluées, l’assureur versera alors le rendement garanti diminué de la perte de valeur constatée… Autre amortisseur pour les assurances : L’économie d’impôt induite par la perte. Pour fixer les idées je vais vous citer un exemple publié dans les Echos du 27 juin : Est mentionnée l'exposition AXA, à savoir 1,9milliard d'euros fin 2010 - en Brut - Mais grace  à la magie comptable, et au fait que l'assuré va assumer la perte (concrètement payer la facture !) ; l'exposition - en Net  - n'est que de 300 millions d'euros... Pourquoi s'interdire de prendre des risques avec de tels mécanismes me direz-vous...

Plus : Sur les conséquence de l'exposition de Groupama à la dette grecque, lire aussi cet article, sur la récente baisse de notation qu'à subi l'assureur Français.

 

18/03/2011

Angleterre : Des frais de justices qui font exploser les primes d'assurances auto

Les propositions du Lord Justice Jackson

Bref pour revenir à notre rapport, l'ABI contesterait encore cette prégnante « compensation culture » , d'après elle, les coûts juridiques représenteraient à eux seuls 40 livres en moyenne sur le montant annuel de la prime. L'ABI  aurait donc fortement apprécié que la commission prenne acte des propositions contenues dans un autre rapport du Lord Justice Jackson (le Président de la Cour d'appel, Rupert Jackson) datant de fin 2009 mais qui continue de faire grand bruit et dont le but est précisément de lutter contre cette culture de l'indemnisation... (into tackling compensation culture).

LJJ.jpg


Pour saisir le fond des propositions lire ceci : http://www.guardian.co.uk/law/2011/feb/16/jackson-litigat...
Ou bien le rapport complet : http://www.judiciary.gov.uk/NR/rdonlyres/8EB9F3F3-9C4A-41...).

Malheureuseument, le moins qu'on puisse dire c'est que les propositions de LJJ ne font pas franchement consensus, et qu'elles ont même soulevé un débat assez virulent au Royaume-uni : Les résultats du rapport contesté par l'ABI en sont bien évidemment le reflet.

Pour l'ABI, en intégrant les conclusions du rapport Jackson à ses recommandations. Non seulement la commission assurerait les conditions d'un contrôle effectif des frais de justice, mais cela aurait eu aussi pour résultat d'accélérer le paiement des indemnités dues aux affaires "légitimes"... Toujours selon elle, tant que les mesures préconisées n'auront pas été implémentées, les montants des primes continueront d'augmenter. La commission s'est bien  prononcée en faveur de plus de transparence pour les claims referral fees (les commissions des lawyers)  ; mais l'ABI, demande elle carrément leur abolition...

L'abolition des commissions...

Groupama Healthcare.jpg


Pour la petite histoire Groupama (qui vend aussi des assurances auto au Royaume-uni)vient d'ailleurs aussi d'officialiser son soutien à l'ABI,  pour une abolition des Referral fees > http://www.insuranceage.co.uk/insurance-age/news/2033819/... et plus généralement à la mise en acte des propositions du rapport Jackson...

L'ABI a d'autre part déclaré continuer maintenir son effort pour combattre la fraude à l'assurance (un vrai fléau en Albion – sans doute la conséquence logique des primes trop élevées. Cet engagement se traduit notamment par le financement de l'Insurance fraud bureau et par le fait que la police globalement  travaille de plus en plus étroitement avec la police.  Elle approuve les conclusions de la commission à propos du nombre énorme de sinistres causés par les jeunes conducteurs, Le gouvernement britannique selon elle devrait améliorer (fix out !) le dispositif jugé défaillant de formation à la conduite automobile (peut-être devraient-ils aller faire un tour du côté de la France pour étudier notre fameux dispositif de conduite accompagnée qui séduit tant les assureurs Français…
l'Abi recommande précisément au gouvernement d'augmenter la durée d'apprentissage.

Source :

http://www.abi.org.uk/Media/Releases/2011/03/Transport_Se...

 
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